juin 1st, 2008
Le 24 juin 2004, Jean-Louis Borloo, Ministre de l’emploi, de la cohésion sociale et du logement présentait en conseil des ministres le Plan de cohésion sociale, comportant 20 programmes et 107 mesures destinés à agir simultanément sur trois leviers : l’emploi, le logement et l’égalité des chances.
Extraits de la présentation du Plan de cohésion sociale
“Il n’y aura pas de croissance durable sans cohésion sociale.
Les ambitions du plan de cohésion sociale
Le retour à l’activité est une priorité absolue. C’est le meilleur rempart contre l’implosion sociale et la clé de la dignité individuelle. Le plan de cohésion sociale se présente donc d’abord comme un dispositif systématique de sortie d’une logique d’assistance : tous doivent pouvoir, sous des formes adaptées, retrouver le chemin de l’activité, aussi modeste soit-elle.
Les jeunes, avenir du pays, doivent être les premiers bénéficiaires de cet effort national. Aucun d’entre eux ne doit être laissé pour compte. C’est possible : les métiers de demain sont connus et nous pourrons donner aux jeunes les moyens de les connaître et de les exercer.
Dès 2007, les départs à la retraite des baby-boomers vont nous confronter à une transition démographique inédite. Un million d’emplois nouveaux vont être offerts au cours des dix ans qui viennent. Mobilisés avec efficacité, ceux qui sont aujourd’hui chômeurs ou exclus seront en mesure de pourvoir ces emplois, peu qualifiés, qualifiés ou très qualifiés.
Le chômage massif est devenu une donnée permanente, avec plus de 4 millions de personnes indemnisées ou allocataires de minima sociaux, et toutes les conséquences négatives qui en résultent pour la compétitivité de notre pays. Nous devons le maîtriser dans le cadre d’une perspective d’avenir : l’allocation chômage est une indemnité, il faut en faire un investissement, un instrument de retour à l’activité.
La période de chômage était un moment d’effritement, il faut en faire une étape de reconstruction, au cours de laquelle le rôle éminent de la puissance publique est d’accompagner chacun de ceux qui en ont besoin, au nom de l’efficacité, mais aussi de la fraternité.
Avec 10 000 emplois détruits et 10 000 emplois créés chaque jour ouvrable, le chômage frictionnel est inévitable.
Ce qui n’est pas acceptable, c’est le chômage de longue durée, le chômage d’exclusion, le chômage durable des jeunes à la recherche de leur premier emploi. Des gisements considérables d’emplois restent inexploités.
Si la France avait le même taux d’emploi que les Etats-Unis dans les services aux particuliers, elle disposerait d’environ 3 millions d’emplois supplémentaires. La politique de l’emploi de demain doit s’attacher à lever les verrous qui empêchent le renouvellement et l’accroissement de l’offre d’emploi ; pour cela, un équilibre plus dynamique entre la sécurisation des parcours des travailleurs et l’efficacité économique doit prévaloir.
Plus de fluidité, plus de stabilité et d’accessibilité du droit du travail, plus d’efforts en faveur de la création d’entreprise sont nécessaires. Il faut libérer la création économique.
Il faut, par ailleurs, rétablir l’égalité effective des chances en attaquant à sa source l’inégalité : dans le logement, à l’école, dans les territoires aux charges socio-urbaines écrasantes et aux ressources insuffisantes.
Nous le voyons aujourd’hui, les inégalités initiales se cumulent et s’aggravent, elles figent et sclérosent notre société. Avec un ascenseur social bloqué, le pays n’est servi que par certains de ses talents et laisse les autres en marge de la société. Trop cloisonnée, notre société doit évoluer pour ne pas se calcifier.
Il faut tout d’abord investir dans le logement, qui connaît aujourd’hui une véritable crise. Les causes sont connues : retards accumulés dans le logement locatif social, dysfonctionnements du marché locatif privé et nous devons les traiter. La République doit également se donner les moyens de relancer la mobilité, la libre circulation des talents. Une nouvelle impulsion doit être donnée dans les zones d’éducation prioritaire, les élèves en fragilité doivent être repérés et suivis aux premiers signes de décrochage, dès la maternelle.
Les méthodes du plan de cohésion sociale
Les défis à relever sont nombreux, ils sont à la hauteur des risques d’aujourd’hui. Nous aurions tort de penser qu’il peut suffire d’adapter de vieilles recettes, seraient-elles plus énergiques, pour obtenir les résultats escomptés. Le plan de cohésion sociale adopte une démarche inédite consistant à traiter ensemble les grands problèmes qui mettent en péril la cohésion de notre pays (chômage persistant de longue durée, chômage des jeunes, accroissement du nombre d’exclus, crise du logement, délitement des quartiers défavorisés, discrimination, crise du système éducatif à certains endroits, etc.).
Trop longtemps, une approche cloisonnée et morcelée de questions qui en fait se nourrissent les unes des autres a prévalu. Le but de ce plan est d’agir simultanément sur tous les leviers qui contribueront à briser cet engrenage et à établir le cercle vertueux de la réussite et de la cohésion. C’est pourquoi les programmes du plan s’articulent autour de trois piliers fondamentaux : l’emploi et l’activité, l’accès au logement et l’égalité des chances.
C’est un plan d’action, précis et ciblé, car il y a urgence ; construit sur une période de cinq ans, il ouvre par ailleurs des perspectives à plus longue échéance. Il sera soutenu par une loi de programmation, gage du respect des engagements de l’Etat.
Le plan ne réussira qu’avec l’engagement de tous les partenaires concernés, dans le respect des compétences de chacun.
La réussite de la cohésion sociale sera celle de tous les acteurs - collectivités territoriales, entreprises, associations, services déconcentrés de l’Etat - qui oeuvrent sur le terrain.
La mise au point opérationnelle des programmes se fera avec les acteurs ; au-delà de l’engagement de l’Etat, les mesures doivent être souples, adaptées aux spécificités locales et s’inscrire dans le cadre des partenariats déjà existants. Le contrat et le co-pilotage seront privilégiés à chaque fois que la loi ne sera pas nécessaire.
Le plan mobilise sur le seul budget de l’Etat plus d’un milliard d’euros de moyens supplémentaires dès 2005, dans un contexte financier particulièrement difficile. Cet effort, qui dépassera 3 milliards d’euros en 2007 pour décroître ensuite, est un investissement pour notre avenir.
Ce plan est enfin une façon de réaffirmer nos valeurs communes, c’est l’expression d’un projet de société.
Nous voulons mobiliser toutes les ressources de la nation. Il n’y a pas deux France : “celle qui travaille” et “l’autre”, celle des assistés. Il faut sortir de cette vision manichéenne qui entretient, voire légitime, une société à deux vitesses. Puisqu’il n’est de richesses que d’hommes, anticipons les besoins de ressources humaines, adaptons-les, soutenons les curiosités, préférons l’activité à l’assistance.
Réaffirmons nos convictions, la France ne doit pas être la juxtaposition d’individus égoïstes et rivaux mais la réunion d’hommes et de femmes animés par une même fierté d’appartenir à la République.
L’avenir de notre pays, son dynamisme économique durable dépendent de notre capacité à fédérer tous ses talents. Inexorablement, depuis quinze ans, le fossé continue de se creuser entre ceux dont les enfants ont un avenir et ceux dont la descendance en est privée. D’innombrables talents sont ainsi gaspillés, recevant “la rage en lieu et place de diplôme”.
La réussite de ce plan de cohésion sociale est la condition d’un véritable dynamisme économique de ce pays et d’un retour à ses valeurs fondatrices.
Ce sera difficile, mais c’est possible.
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Source : www.travail-solidarite.gouv.fr
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Références pour cette article
- Référence n°1
http://www.travail-solidarite.gouv.fr/espaces/social/grands-dossiers/plan-cohesion-sociale/IMG/pdf/Projet_de_loi_de_programmation_pour_la_cohesion_sociale.pdf
- Référence n°2
http://www.travail-solidarite.gouv.fr/espaces/social/grands-dossiers/plan-cohesion-sociale/IMG/pdf/plan_cohesion_sociale_20_programmes.pdf
- Référence n°3
http://www.travail-solidarite.gouv.fr/espaces/social/grands-dossiers/plan-cohesion-sociale/IMG/pdf/bilan_2005.pdf
- Référence n°4
http://www.travail-solidarite.gouv.fr/espaces/social/grands-dossiers/plan-cohesion-sociale/IMG/pdf/Mise_en_oeuvre_du_Plan_de_cohesion_sociale.pdf
- Référence n°5
http://www.travail-solidarite.gouv.fr/espaces/social/grands-dossiers/plan-cohesion-sociale/IMG/pdf/ASI.pdf
- Référence n°6
http://www.travail-solidarite.gouv.fr/espaces/social/grands-dossiers/plan-cohesion-sociale/IMG/pdf/PARADS.pdf
- Référence n°7
http://www.travail-solidarite.gouv.fr/espaces/social/grands-dossiers/plan-cohesion-sociale/IMG/pdf/Maisons-relais.pdf
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